Trop cher, un orchestre ? Réveillons-nous. Ce qui coûte, c’est l’abandon des enfants
- JeanClaude Decalonne

- 5 mai
- 2 min de lecture

“Créer un orchestre, ça coûte trop cher.” C’est une phrase que j’entends souvent, et je peux comprendre qu’on se la pose.
Oui, créer un orchestre d’enfants demande des moyens : des instruments, des encadrants, du temps, un lieu.
Mais cette question mérite d’être retournée : trop cher… par rapport à quoi ?
Le XXe siècle nous a laissé une trace indélébile.
La sconde guerre mondiale a emporté des dizaines de millions de vies. L'Holocauste a révélé jusqu’où peut aller une mécanique de déshumanisation.
Les régimes de Staline ou de Mao Zedong ont montré qu’une idéologie pouvait broyer des peuples entiers. Le massacre de Nankin en 1937 ou le génocide du Rwanda en 1994.
Et aujourd’hui encore, des conflits, dont ceux entre Israël et Gaza, L'Ukraine, l'Iran, le Liban continuent d’ajouter tellement de morts à cette liste. monstrueuse !
Nous savons. Nous avons vu. Pourtant, nous continuons.

Mais il y a une autre question, plus dérangeante encore : Que pourrions-nous faire avec les mêmes moyens… si nous choisissions de sauver plutôt que de détruire ?
Un missile moderne coûte entre 1 et 3 millions d’euros. Un avion de chasse, des dizaines de millions. Une journée de guerre, parfois des centaines de millions.
Avec le prix d’un seul missile, combien d’orchestres d’enfants pourrait-on créer ? Des dizaines.
Peut-être des centaines.
Des lieux où des enfants apprennent à écouter, à respirer ensemble, à se respecter, des lieux où l’on transforme la violence en harmonie. Des lieux où l’on construit des citoyens plutôt que des ennemis.
Et si l’on élargit encore : Combien coûte une guerre sur plusieurs années ? Des centaines de milliards. Avec une telle somme, que pourrions-nous faire contre le cancer ? Pour la recherche ? Pour l’accompagnement des malades ? Pour la prévention ?
Le problème n’est pas seulement politique, il est philosophique.
Nous avons construit un monde capable de produire la destruction à une échelle industrielle.
Mais nous hésitons encore à investir massivement dans ce qui construit l’humain.
Un orchestre n’est jamais seulement un orchestre, il est une réponse.

Une réponse fragile, oui. Mais une réponse concrète à ce que la violence détruit.
Alors cessons de dire que c’est trop cher. Ce qui est trop cher, c’est la guerre. Ce qui est trop cher, c’est la haine.
Ce qui est trop cher, c’est l’abandon des enfants.
Nous savons financer la destruction. Nous devons maintenant décider de financer l’humanité. JeanClaude Decalonne Président de TUTTI Passeurs d'Arts
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