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Quand un orchestre vous remet debout


Quand le moral est un peu en berne, il me suffit de me rendre là où vibre un orchestre TUTTI pour me rebooster. C’est presque physique. On arrive un peu fatigué, on repart profondément vivant.


Je m'étais rendu à Fougères, auprès des enfants de TUTTI Bretagne. Il était prévu de remettre une série d’instruments neufs à celles et ceux qui sont passés au lycée mais ont souhaité poursuivre l’aventure musicale auprès de leur chef, Stéphane Fourreau. Et la magie a, une fois encore, opéré.


Le collège avait lancé quelques invitations. Il y avait des journalistes, il y avait aussi trois chefs d’établissement, proviseurs de lycées voisins et surtout, il y avait des enfants. Je n’imaginais pas que l’émotion serait aussi forte.



La rencontre commence par un concert des plus jeunes, ceux qui ont débuté il y a à peine trois mois. Tous en classe de 5e. Trois mois… et déjà un orchestre. Un son. Une cohésion. C’est bluffant.

L’orchestre sonne déjà, et l’application de ces jeunes collégiens touche immédiatement l’ensemble du public. Les regards s’éclairent, les sourires se figent, les yeux deviennent humides. On sent que quelque chose de rare est en train de se passer.


Puis les jeunes laissent la place aux plus grands. Les 4e et 3e, renforcés par quelques lycéens et même par quelques “anciens”, ceux qui reviennent toujours pour “augmenter“ l’orchestre, et qui ne se résoudront à le quitter que lorsqu’ils ne pourront vraiment plus faire autrement.


Il y a aussi Thibaut, ce professeur d’histoire. Il a craqué pour l’orchestre. Il s’est mis à apprendre la clarinette, avec passion, pour jouer avec ses élèves. Rien que cette image devrait suffire à convaincre.


Le chef lève les bras. L’ensemble se met à jouer. L’harmonie nous enveloppe. Imaginez ce que plus de dix tubas peuvent créer comme fondation sonore. Puis les flûtes, les clarinettes, les saxophones, les trompettes, les trombones et la batterie... à eux tous, ils emportent la bataille de l’émotion.



La joie immense de recevoir un instrument neuf de qualité supérieure.
La joie immense de recevoir un instrument neuf de qualité supérieure.

Les proviseurs connaissaient l’existence de l’orchestre. Ils savaient que certains de leurs élèves en faisaient partie. Mais ils ne les avaient jamais vus à l’œuvre. Ils n’oublieront jamais ce moment, ni ce que les vibrations d’un orchestre, en direct, procurent comme sensations. Ils essuient discrètement quelques larmes, mais je les ai bien vues.


Ces jeunes musiciens prouvent, une fois encore, que l’orchestre est le plus bel outil d’émancipation sociale jamais inventé. Un outil qui ne trie pas. Qui n’exclut pas, qui élève sans humilier, qui rassemble sans uniformiser.


Il devrait y avoir un orchestre dans chaque village, dans chaque quartier, dans chaque ville.


Un orchestre qui apporte ses bienfaits à tous les enfants en manque de repères, en mal-être, en quête de place. C’est-à-dire… à peu près partout, à notre époque.


Quand on a vu cela une fois, on ne peut plus détourner le regard.


Et quand on y revient, on repart toujours un peu plus convaincu qu’il est encore possible de réparer le monde, un enfant après l’autre, une note après l’autre, un orchestre après l’autre.


JeanClaude Decalonne


 
 
 

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