Et si il était encore temps ?
- JeanClaude Decalonne

- il y a 8 heures
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Et si Heal the World avait été, bien plus qu'une chanson, un avertissement ?
Et si Michael Jackson, derrière l’artiste planétaire, l’enfant blessé, le poète extravagant, avait simplement tenté de rappeler au monde une vérité essentielle : nous sommes en train de détruire ce qu’il y a de plus précieux sur Terre. Les enfants. L’innocence. La capacité d’aimer.

À force de regarder le monde brûler, nous finissons par oublier qu’il fut magnifique.
Nous passons nos journées à compter les guerres, les humiliations, les violences, les haines, comme si l’humanité entière était condamnée à devenir une mécanique froide incapable de tendresse. Mais pendant ce temps-là… un enfant souffle encore dans une trompette trop grande pour lui, une petite file apprend à chanter les yeux fermés... quelqu’un tend la main ou console, quelqu’un partage, quelqu’un crée.
Le vacarme du monde nous fait croire que le mal est devenu plus fort. C’est faux. Le bien est simplement plus silencieux.
Je continuerai à croire qu’un enfant concentré sur une note de musique est infiniment plus important qu’un adulte occupé à fabriquer de la haine.
Je continuerai à croire qu’un orchestre est une victoire de l’humanité sur le chaos, la preuve éclatante que des êtres différents peuvent s’écouter, s’unir et créer ensemble quelque chose de plus grand qu’eux.
Nous vivons sur une planète bouleversante de beauté : des océans, des arbres, des oiseaux, des poèmes, des voix, des rires d’enfants… et nous nous comportons trop souvent comme si tout cela ne valait rien. Alors peut-être faudrait-il revenir à l’essentiel.
Réapprendre à regarder. Réapprendre à écouter. Réapprendre à s’émerveiller. Réapprendre à vivre ensemble.
Le monde ne sera pas sauvé par les plus violents ni les plus riches. Bien souvent, ce sont les mêmes. Il ne sera pas sauvé par les marchands de peur, ni par les fabricants de colère, ni par les stratèges enfermés dans leurs tableaux budgétaires.

Il a une chance d’être sauvé par celles et ceux qui aimeront suffisamment la vie pour vouloir la protéger. Un enfant, un artiste, un innocent. Voilà peut-être les véritables résistants de notre temps.
Mais il faut maintenant avoir le courage de dire une chose insupportable : Ceux qui avaient le pouvoir d’agir savaient. Ils savaient qu’un orchestre pouvait transformer un quartier. Ils savaient qu’un chœur pouvait réconcilier des enfants que tout séparait. Ils savaient que l’art apaise, rassemble, élève, réhumanise. Ils savaient.
Et pourtant, combien ont préféré installer des caméras plutôt que des violoncelles, des ateliers de théâtre, de danse ? Combien ont préféré financer la peur plutôt que la beauté ? Combien ont accepté que des milliers d’enfants grandissent sans jamais rencontrer un instrument, un poème, une scène, une main tendue vers l’imaginaire ?
Là est peut-être le plus grand scandale de notre époque.
Nous prétendons protéger la société alors que nous abandonnons ce qui pourrait réellement la sauver, car un enfant que l’on fait jouer ensemble devient beaucoup plus difficile à dresser contre les autres. Un enfant que l’on fait chanter devient beaucoup plus difficile à faire taire. Un enfant à qui l’on révèle sa propre beauté intérieure devient beaucoup plus difficile à détruire.
Alors oui, il faut désormais parler plus fort.

Plus fort que les cyniques qui ne veulent croire en rien, plus fort que les gestionnaires du renoncement, plus fort que tous ceux qui expliquent depuis des décennies que la culture coûterait trop cher, alors que l’abandon humain coûte infiniment davantage.
Il faut dire aux responsables politiques, aux décideurs, aux puissants, aux institutions : Vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas. Chaque enfant empêché d’accéder à la beauté est une promesse qu’on assassine. Chaque territoire abandonné à la seule logique sécuritaire est une défaite de l’intelligence humaine. Chaque orchestre qu’on ne crée pas est une lumière qu’on éteint avant même qu’elle ait pu briller.
Et pourtant… Il est encore temps. Encore temps de choisir la vie. Encore temps de choisir la fraternité. Encore temps de sanctuariser partout des lieux où les enfants apprendront autre chose que la peur du monde.
Parce qu’au fond, la vraie question n’est plus culturelle. Elle est devenue une question de civilisation. Voulons-nous continuer à fabriquer des sociétés qui surveillent…ou des sociétés qui élèvent ?
Car le plus bel endroit de la Terre n’est pas un pays. Ce n’est pas une frontière. Ce n’est pas une puissance économique.
Le plus bel endroit de la Terre,c ’est un lieu où des enfants jouent de la musique ensemble…pendant que des adultes ont enfin décidé de les considérer comme ce qu’ils sont réellement :
la plus immense richesse de l’humanité.
JeanClaude Decalonne, Président de TUTTI Passeurs d'Arts
Et vous ? Pensez-vous encore que l’art et la beauté peuvent sauver quelque chose de notre humanité ? Votre commentaire ci-dessous sera un vrai soutien.





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