Et si il était encore temps ?
- JeanClaude Decalonne

- 27 mai
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 7 jours
Et si Heal the World avait été, bien plus qu'une chanson, un avertissement ?
Et si Michael Jackson, derrière l’artiste planétaire, l’enfant blessé, le poète extravagant, avait simplement tenté de rappeler au monde une vérité essentielle : nous sommes en train de détruire ce qu’il y a de plus précieux sur Terre. Les enfants. L’innocence. La capacité d’aimer.

À force de regarder le monde brûler, nous finissons par oublier qu’il fut magnifique.
Nous passons nos journées à compter les guerres, les humiliations, les violences, les haines, comme si l’humanité entière était condamnée à devenir une mécanique froide incapable de tendresse. Mais pendant ce temps-là… un enfant souffle encore dans une trompette trop grande pour lui, une petite file apprend à chanter les yeux fermés... quelqu’un tend la main ou console, quelqu’un partage, quelqu’un crée.
Le vacarme du monde nous fait croire que le mal est devenu plus fort. C’est faux. Le bien est simplement plus silencieux.
Je continuerai à croire qu’un enfant concentré sur une note de musique est infiniment plus important qu’un adulte occupé à fabriquer de la haine.
Je continuerai à croire qu’un orchestre est une victoire de l’humanité sur le chaos, la preuve éclatante que des êtres différents peuvent s’écouter, s’unir et créer ensemble quelque chose de plus grand qu’eux.
Nous vivons sur une planète bouleversante de beauté : des océans, des arbres, des oiseaux, des poèmes, des voix, des rires d’enfants… et nous nous comportons trop souvent comme si tout cela ne valait rien. Alors peut-être faudrait-il revenir à l’essentiel.
Réapprendre à regarder. Réapprendre à écouter. Réapprendre à s’émerveiller. Réapprendre à vivre ensemble.
Le monde ne sera pas sauvé par les plus violents ni les plus riches. Bien souvent, ce sont les mêmes. Il ne sera pas sauvé par les marchands de peur, ni par les fabricants de colère, ni par les stratèges enfermés dans leurs tableaux budgétaires.

Il a une chance d’être sauvé par celles et ceux qui aimeront suffisamment la vie pour vouloir la protéger. Un enfant, un artiste, un innocent. Voilà peut-être les véritables résistants de notre temps.
Mais il faut maintenant avoir le courage de dire une chose insupportable : Ceux qui avaient le pouvoir d’agir savaient. Ils savaient qu’un orchestre pouvait transformer un quartier. Ils savaient qu’un chœur pouvait réconcilier des enfants que tout séparait. Ils savaient que l’art apaise, rassemble, élève, réhumanise. Ils savaient.
Et pourtant, combien ont préféré installer des caméras plutôt que des violoncelles, des ateliers de théâtre, de danse ? Combien ont préféré financer la peur plutôt que la beauté ? Combien ont accepté que des milliers d’enfants grandissent sans jamais rencontrer un instrument, un poème, une scène, une main tendue vers l’imaginaire ?
Là est peut-être le plus grand scandale de notre époque.
Nous prétendons protéger la société alors que nous abandonnons ce qui pourrait réellement la sauver, car un enfant que l’on fait jouer ensemble devient beaucoup plus difficile à dresser contre les autres. Un enfant que l’on fait chanter devient beaucoup plus difficile à faire taire. Un enfant à qui l’on révèle sa propre beauté intérieure devient beaucoup plus difficile à détruire.
Alors oui, il faut désormais parler plus fort.

Plus fort que les cyniques qui ne veulent croire en rien, plus fort que les gestionnaires du renoncement, plus fort que tous ceux qui expliquent depuis des décennies que la culture coûterait trop cher, alors que l’abandon humain coûte infiniment davantage.
Il faut dire aux responsables politiques, aux décideurs, aux puissants, aux institutions : Vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas. Chaque enfant empêché d’accéder à la beauté est une promesse qu’on assassine. Chaque territoire abandonné à la seule logique sécuritaire est une défaite de l’intelligence humaine. Chaque orchestre qu’on ne crée pas est une lumière qu’on éteint avant même qu’elle ait pu briller.
Et pourtant… Il est encore temps. Encore temps de choisir la vie. Encore temps de choisir la fraternité. Encore temps de sanctuariser partout des lieux où les enfants apprendront autre chose que la peur du monde.
Parce qu’au fond, la vraie question n’est plus culturelle. Elle est devenue une question de civilisation. Voulons-nous continuer à fabriquer des sociétés qui surveillent…ou des sociétés qui élèvent ?
Car le plus bel endroit de la Terre n’est pas un pays. Ce n’est pas une frontière. Ce n’est pas une puissance économique.
Le plus bel endroit de la Terre,c ’est un lieu où des enfants jouent de la musique ensemble…pendant que des adultes ont enfin décidé de les considérer comme ce qu’ils sont réellement :
la plus immense richesse de l’humanité.
JeanClaude Decalonne, Président de TUTTI Passeurs d'Arts
Et vous ? Pensez-vous encore que l’art et la beauté peuvent sauver quelque chose de notre humanité ? Votre commentaire ci-dessous sera un vrai soutien.






Bonjour Mr Jean-Claude, tout comme vous, Je suis fortememnt persuadéé , que pour un enfant, apprendre à jouer d'un instrument de musique est la base d'une éducation indispensable au bon fonctionnement du cerveau "la symphonie neuronale" comme le dit Emmanuel Bigand, et montre que la musique stimule des zones cérébrales à tous les âges de la vie . Elle apaise et améliore les fonctions cognitives, motrice et sociales, et provoque que des bienfaits sur l'esprit, le coeur, et le corps.
Je pense qu'en rendant les enfants heureux de jouer ensemble en communauté, avec un dur travail de longue haleine, ils se fabriquent un vrai lien, une famille inoubliable, une place dans leur vie, engendrant l'amour, le respect, la fra…
Merci à tous ceux qui ont su lire jusqu’au bout cet article qui en dit tant sur l’inaction de nos plus hauts responsables. Cela fait si longtemps que l’on alerte… et q’ils ne se sentent responsables de rien !
Cher Jean-Claude
« … Le plus bel endroit de la Terre, c’est un lieu où des enfants jouent de la musique ensemble…pendant que des adultes ont enfin décidé de les considérer comme ce qu’ils sont réellement :
la plus immense richesse de l’humanité.
Et vous ? Pensez-vous encore que l’art et la beauté peuvent sauver quelque chose de notre humanité …. »
Quel punchline ! tu ne pouvais pas être plus percutant pour crier haut et fort ce combat que tu mènes pour aider les enfants, les jeunes à « se construire » à l’aide et autour de l’art et de la culture.Ton cri n’est pas vain, il lui faut de l’écho. L’écho c’est nous tous, parents, éducateurs, enseignants, responsables associatifs.
Notre société est, hélas, sous le…
Cher Jean-Claude,
Comme toujours tes propos sont pleins de bon sens et de bon coeur. Tu sais que je soutiens tes actions, marquées par de belles réalisations... Je ne parlerai pas de mes projets passés mais je me suis heurté aux mêmes problèmes que toi face aux décideurs, élus ou gestionnaires déshumanisés... C'est une réalité, ces gens là sont bien moins cultivés qu'avant... je parle bien entendu de la "culture classique"... Ils ont le tors de pensée qu'exigence = élitisme... foutaise !
Car hélas ce sont, pour beaucoup, les seuls en position pour faire bouger la société.
De mon point de vue, il ne faut pas opposer les caméras aux violoncelles... La société telle qu'elle est a besoin des 2...…
Cher Jean Claude, magnifique article ! Les enfants sont la lulmère du monde et nous leur devons d'allumer pour eux les premiers phares d'une civilisation d'artistes. Et ce malgré les inconsciences, incompétences voire parfois les malveillantes jalousies de certains pôles de décisions. Nous nous devons de leur ouvrir une issue de secours dans le couloirs aux avalanches dans lequel ce jeune siècle a été engagé par l'insouciance du précèdent. C'est, comme tu sais, la finalité de l'action Oraltitude Odyssée que je porte (http://www.choeursdecombat.oraltitude.fr/index.php/fr/ ) et je suis fier d'être à tes côtés dans ce combat. Bien chaleureusement à toi et à ton équipe. Fabien Roger AMORETTI