Quand la protection de l’enfance cesse d’être une priorité
- JeanClaude Decalonne

- il y a 4 jours
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Dernière mise à jour : il y a 2 jours

La mort de la petite Lyhanna a bouleversé le pays. Comment pourrait-il en être autrement ?
Lorsqu’un enfant disparaît dans de telles circonstances, c’est bien davantage qu’un fait divers. C’est une blessure collective. Une déchirure qui touche tous ceux qui considèrent que l’enfance est ce que nous avons de plus précieux.
Comme souvent après un drame, les responsables politiques se sont exprimés. Ils ont dénoncé les dysfonctionnements, promis des enquêtes, annoncé des sanctions pour ceux qui auraient failli à leur mission. Ces réponses sont nécessaires, mais elles ne suffisent pas.
Car la question qui se pose aujourd’hui est infiniment plus profonde. Comment une société en arrive-t-elle à ne plus être capable de protéger certains de ses enfants ?
Le premier réflexe consiste souvent à chercher des coupables. Un service défaillant. Un magistrat. Un enquêteur. Un responsable administratif. Mais lorsque les mêmes drames se répètent, lorsque les délais s’allongent partout, lorsque les professionnels alertent depuis des années sur leur impossibilité de faire face aux besoins, peut-on encore parler de simples erreurs individuelles ou faut-il avoir le courage de regarder le problème dans son ensemble ?
Depuis des années, les services qui constituent le socle de notre protection collective sont fragilisés. La justice manque de magistrats. Les forces d’enquête manquent d’effectifs. L’hôpital peine à répondre aux urgences. L’école tente de remplir toujours plus de missions avec des moyens sous tension.
Partout, les femmes et les hommes qui servent l’intérêt général accomplissent des miracles pour maintenir ce qui peut encore l’être et pourtant, lorsqu’un drame survient, il est souvent plus simple de désigner quelques responsables que de s’interroger sur les choix qui ont progressivement conduit à cette situation.
La vérité est qu’une société révèle ses priorités à travers ce qu’elle choisit de protéger.
Or rien ne devrait être plus important que l’enfance. Aucune infrastructure. Aucune statistique économique. Aucune stratégie politique. Aucun calcul budgétaire.
Parce qu’un enfant n’est pas une ligne dans un budget. Un enfant est une promesse, une intelligence en devenir, une sensibilité unique.
Un enfant est une richesse irremplaçable pour l’humanité tout entière.
Depuis des années, je répète une phrase qui guide mon engagement : Chaque enfant est extraordinaire. Pas certains enfants. Pas les plus brillants. Pas les plus favorisés. Tous les enfants.
Et lorsque nous cessons d’organiser notre société autour de cette conviction fondamentale, les conséquences deviennent inévitables. La protection de l’enfance ne devrait jamais être une variable d’ajustement. Elle devrait constituer le premier devoir de la nation.
La première responsabilité de ceux qui gouvernent, la première préoccupation de nos institutions, la première exigence de chacun d’entre nous.
Car une société qui ne protège pas ses enfants finit toujours par perdre une part de son humanité. Et il n’existe sans doute pas de mission plus noble que celle-ci : permettre à chaque enfant de grandir en sécurité, d’être entendu, respecté, protégé et aimé.
Tout le reste devrait venir après. JeanClaude Decalonne Président de TUTTI Passeurs d'Arts






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