Gâchis. Quand une société oublie de croire en ses enfants…
- JeanClaude Decalonne

- il y a 6 jours
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Dernière mise à jour : il y a 2 jours

Nous avons appris à mesurer la croissance, à évaluer la performance de presque tout, mais nous avons oublié de nous demander combien d’enfants nous laissons au bord du chemin.
La véritable question est beaucoup plus simple : quel monde sommes-nous en train de préparer pour nos enfants ?

Depuis plus de trente ans, j’ai eu le privilège de rencontrer beaucoup d’enfants. Certains, assez rares en fait, vivaient dans des familles dites privilégiées, d’autres, plus nombreux, dans des quartiers difficiles où beaucoup se trouvaient en situation d’échec. Certains étaient entourés, d’autres profondément seuls.
Une chose m’a pourtant toujours frappé. Chaque enfant possède en lui quelque chose d'exceptionnel. Une sensibilité, une intelligence, une créativité., une capacité à aimer, à comprendre, à construire.
Aucun enfant ne naît destiné à l’échec. Pourtant, combien d’entre eux grandissent sans jamais découvrir leurs propres richesses ?
Nous avons progressivement accepté l’idée que l’accès à l’art, à la musique, à la pratique collective, à la beauté, serait une sorte de supplément d’âme que l’on pourrait offrir lorsque tout le reste va bien. Je crois exactement le contraire. Je crois que l’art fait partie des fondations.

Les pratiques artistiques développent des qualités dont notre société manque cruellement : l’écoute, la patience, l’empathie, la coopération, le goût de l’effort partagé, le respect des différences.
Un orchestre est une démonstration permanente de ce que l’humanité peut produire de meilleur. Personne n’y gagne seul. Personne n’y existe contre les autres et chacun y trouve sa place. Et c’est ensemble que naît la beauté.
Après des décennies consacrées à construire des orchestres d’enfants, je suis arrivé à une conviction simple. Notre mission n’est pas seulement de former des musiciens, mais plutôt d’aider des êtres humains à grandir... et cette mission dépasse largement le cadre de TUTTI Passeurs d’Arts.
Partout, des femmes et des hommes travaillent à remettre l’humain au centre. Des enseignants, des éducateurs, des artistes, des chercheurs, des associations, des entrepreneurs sociaux... ils n’appartiennent pas toujours aux mêmes réseaux. Ils n’utilisent pas toujours les mêmes mots, mais ils poursuivent souvent le même objectif : permettre à chaque enfant de révéler ce qu’il porte de meilleur. C’est avec eux que nous voulons avancer.
Car le monde n’a pas seulement besoin de nouvelles technologies, de nouveaux marchés ou de nouvelles réglementations. Il a besoin de lieux où l’on apprend à vivre ensemble, où l’on apprend à créer plutôt qu’à détruire. Il a besoin de lieux où l’on apprend à devenir pleinement humain.
C’est pourquoi nous continuerons à construire des orchestres, mais nous continuerons surtout à défendre une idée simple. Chaque enfant est extraordinaire. Une société qui oublie cela prend le risque d’oublier son propre avenir.
Les enfants ne sont pas seulement notre futur. Ils sont notre responsabilité la plus immédiate. Tout ce que nous construisons aujourd’hui devrait être pensé à leur hauteur.
JeanClaude Decalonne Président de TUTTI Passeurs d'Arts







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