top of page
6B452305-D9DB-4B94-9F2C-331A0BF3CCCA.png
Rechercher

MAKSYM NE PARLAIT PLUS


Maksym est arrivé d’Ukraine avec sa maman et sa petite sœur, Sofiia. Ils avaient fui la guerre.

Comme tant d’autres familles jetées sur les routes, ils ont fini par arriver en région parisienne, dans l’un de ces innombrables hôtels sociaux dont on parle si peu. Une seule chambre pour vivre à trois, pour dormir, manger, attendre, espérer. Dans cette chambre, on parle ukrainien. Dehors, Maksym ne comprend presque rien.

Il a été inscrit en CE1. Chaque matin, il entre dans une classe où la maîtresse parle une langue qu’il ne connaît pas. Les autres enfants parlent, rient, répondent, jouent. Lui écoute, regarde et, peu à peu, ne parle presque plus. Maksym est devenu presque mutique.


UN ENFANT LUI PARLE


Dans sa classe, pourtant, un autre enfant essaie de communiquer avec lui. La langue est un peu différente de la sienne, mais Maksym la comprend. Cet enfant s’appelle Sacha.

Sacha lui explique quelques mots français, les plus simples, les plus utiles, ceux qui permettent de commencer à entrer dans la vie des autres. Et puis il lui parle de sa passion, une passion peu commune pour un enfant de son âge : Sacha joue du violon.

Il voudrait que Maksym vienne avec lui. Maksym résiste. Sacha insiste. Un jour, il finit par l’entraîner jusqu’à Verna, la dame qui s’occupe de l’orchestre.

Il y a justement un violon disponible.


LE VIOLON PARLE UNE LANGUE QU’IL COMPREND


Au début, Maksym reste silencieux, méfiant peut-être, perdu sans doute. Mais peu à peu, Verna réussit à l’apprivoiser.



Et quelque chose d’extraordinaire se produit : le violon parle une langue qu’il comprend.

Il n’a pas besoin de connaître tous les mots français pour écouter Sacha jouer. Il n’a pas besoin de comprendre toutes les phrases pour essayer à son tour. Il n’a pas besoin de savoir parler pour faire de la musique avec les autres.

Alors Maksym joue.

Avec Sacha, ils vont passer des heures à apprendre, à recommencer, à rire, à parler. À devenir des enfants ensemble.

Aujourd’hui, Maksym parle français. Ses progrès au violon sont spectaculaires et Sacha et lui sont devenus les meilleurs amis du monde.


LA FORCE DE L’AMITIÉ, LA PUISSANCE DE LA MUSIQUE


Cette histoire raconte la force de l’amitié et la puissance de la musique. Elle raconte ce qu’un instrument disponible au bon moment peut changer dans la vie d’un enfant. Elle raconte ce qu’un orchestre peut offrir quand les mots manquent encore : un refuge, une langue commune, une place parmi les autres.

Mais elle raconte aussi quelque chose de plus grand encore, quelque chose que les enfants comprennent parfois beaucoup mieux que nous.

Maksym est ukrainien.

Sacha est russe.

JeanClaude Decalonne



 
 
 

1 commentaire

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note
Invité
il y a 3 jours

C’est une belle histoire tres touchante entre cet enfant Ukrainien et un petit Russe qui a pris sous son aile sans haine son camarade . On a envi de dire merci , pour cette solidarité et fraternité où ces deux pays sont en guerre. F. Rauz

J'aime
bottom of page