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  • JeanClaude Decalonne

La rue de Rome, essentielle, mais sinistrée...

Dernière mise à jour : 30 janv. 2021

La rue de Rome, cœur musical de Paris, où se pressaient depuis toujours les artistes musiciens du monde entier connait une situation que l’on peut qualifier de désastreuse. Les luthiers des cordes ou des vents, facteurs d’instruments, éditeurs de musique ou tout autre acteur économique (loueurs d’instruments, bars et restaurants) ou social (associations) de la vie artistique sont aussi les victimes directes de la pandémie qui ferme les salles de concerts et de spectacles et ne laisse fonctionner les conservatoires qu’en intermittence.

Dans le secteur de l’Europe, autour du Conservatoire de Paris, les musiciens, artistes professionnels ou amateurs appréciaient ce rassemblement unique d’enseignes spécialisées et d’artisans qui savent unir un savoir faire rare et l’amour de la musique. Tellement d’envies de jouer et de vocations de musiciens sont nées ici ! Il n’est pas rare de voir, dans un atelier ou un magasin, petits ou grands musiciens en herbe invités à tenir pour la première fois un instrument et réussir à le faire vibrer… Expérience inoubliable !

Quand les orchestres et toute la musique vivante se trouvent face à une interdiction d’expression, c’est une vitrine de l’art qui s’éteint et qui peu à peu cesse d’alimenter les envies, les découvertes ; aucune tablette, aucun smartphone ne remplace la vraie vie musicale car le plus merveilleux outil d’appréciation d’un son, c’est l’oreille humaine... Sans filtre ! Peu d’individus n’écoutent et ne ressentent les vibrations d’un instrument aussi intensément qu’un luthier qui saura coordonner l’âme de l’instrument à celle de l’artiste. Même si l’artiste n'a que cinq ans !

Je ne sais pas combien de ces activistes intenses de la musique résisteront à la crise. Rappelons que les classes orchestres sont nées de l’imagination d’un de ces acteurs de la rue de Rome. L’esprit solidaire qui anime les luthiers est bien souvent venu répondre et même dépasser les besoins des musiciens ; ils espèrent intimement que les gens de bonne volonté ne succomberont pas aux prédateurs Internet qui ne font qu’accentuer les difficultés sans proposer la moindre innovation.

ET APRÈS...

Certains imaginent qu’après le désastre, musiciens et artisans participeront ensemble à une reconquête des pratiques instrumentales ou chorales, simplement parce qu'un enfant qui chante ou joue un instrument multiplie ses atouts de réussite et d’épanouissement. Il n'a jamais été aussi nécessaire de faciliter l’accès à ces pratiques. Au premier rang de ce combat, luthiers, professeurs et artistes espèrent que ce mouvement sera encouragé à tous les niveaux, y compris par ces décideurs politiques qui seraient bien inspirés en s'interdisant de prétendre que l’art ne serait pas essentiel !

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