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Combien d’enfants faudra-t-il encore sacrifier ?

il y a 4 jours
2 min de lecture

On finit parfois par s’habituer au renoncement.

À force de constater les défaillances de systèmes qui devraient pourtant avoir à cœur de défendre l’épanouissement de la jeunesse d’un territoire, on risque de baisser les bras. On se lasse de rappeler, encore et encore, que l’accès à la culture n’est pas un luxe mais une nécessité et on finit presque par accepter l’inacceptable.

Et puis un simple échange fait tout basculer.

Un père de famille m’a confié, avec une immense tristesse, qu’il n’avait pas pu réinscrire ses enfants à l’école de musique. Non pas parce qu’ils avaient perdu le goût de la musique. Bien au contraire.



Il manque quelqu'un...
Il manque quelqu'un...

Lui et d'autres m’avaient parlé d’une organisation devenue incompréhensible, d’un enseignement collectif qui n’a jamais trouvé sa place malgré les années. D’une qualité pédagogique qui, selon eux, ne cesse de se dégrader. Et pendant ce temps-là, les tarifs, eux, continuent d’augmenter.

Comme tant d’autres, cette famille n’a plus les moyens d’offrir à plusieurs enfants une pratique artistique régulière.

Entendre cela m’a profondément bouleversé parce que je connais cet homme. Je sais son attachement sincère à la musique et à la culture. Je sais qu’il aurait tout fait pour que ses enfants continuent. Si lui renonce, combien d’autres renoncent dans le silence ?

C’est ainsi que naissent les plus grandes injustices : non pas dans le fracas des grandes décisions, mais dans l’accumulation de petits abandons auxquels on finit par ne plus prêter attention.

L’inégalité d’accès aux pratiques artistiques est un fléau. Une société qui réserve la musique, le théâtre, la danse ou les arts plastiques à ceux qui en ont les moyens prive des milliers d’enfants d’une part essentielle de leur construction.

Nous parlons sans cesse de cohésion sociale, de réussite scolaire, de santé mentale, de violence, de vivre-ensemble… Et nous continuons à considérer les pratiques artistiques comme une variable d’ajustement.

Quelle erreur. L’enfance, elle, n’attend pas. Demain, ces enfants ne seront plus des enfants. Ce temps où l’on pouvait faire naître une passion, révéler une vocation, construire la confiance en soi sera passé. Et personne ne pourra le leur rendre.

C’est pourquoi je refuse de me résigner.

Je refuse d’accepter qu’une famille soit contrainte de choisir lequel de ses enfants aura le droit de vivre cette aventure.

Je refuse que l’on considère normal que l’argent décide de l’accès à ce qui fait grandir un être humain.

Chaque enfant qui renonce à la musique, ou à n'importe quelle pratique artistique, non par manque d’envie mais faute de moyens ou à cause de l’affaiblissement d’un service public, est une défaite collective.

Nous pouvons faire autrement.

À condition de comprendre enfin que la culture n’est pas une dépense. C’est un investissement dans ce que nous avons de plus précieux : nos enfants.

JeanClaude Decalonne - Fondateur de TUTTI Passeurs d'Arts


Les enfants ne seront enfants qu’une seule fois. Aidons-les aujourd’hui


 
 
 

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