Il suffirait de presque rien.
- JeanClaude Decalonne

- 15 août
- 2 min de lecture
Il suffirait de presque rien. Peut-être simplement un lieu. Peut-être simplement la décision d’une femme ou d’un homme qui occupe une fonction de responsabilité et qui comprendrait qu’il est possible de changer le destin de centaines d’enfants.
Depuis bientôt trente ans, je ne cesse de démontrer que l’art n’est pas un luxe. Il est un formidable outil de reconstruction humaine. Là où tant d’autres voient des problèmes sociaux, des violences, des décrochages scolaires, des quartiers perdus, nous voyons des enfants qui n’attendent qu’une chose : qu’un adulte croie enfin en eux.

Créer un orchestre. Créer une chorale, offrir un lieu où chacun est attendu, respecté, encouragé... réunir une équipe convaincue que chaque enfant possède une valeur immense.
Alors quelque chose d’extraordinaire se produit. Les comportementschangent, la violence recule. La confiance renaît. Le regard des parents se transforme. Les enfants découvrent qu’ils sont capables de réussir ensemble.
José Antonio Abreu nous l’a démontré au Venezuela. Nous l’avons constaté à notre tour, année après année, dans chacun des territoires où nous avons pu agir.
La solution existe. Elle est connue. Elle est éprouvée.
Elle coûte infiniment moins cher que les conséquences de nos renoncements. Pour bien moins que le prix d’un seul missile, un orchestre peut naître et faire vivre pendant des années une communauté entière d’enfants, de familles, d’enseignants et d’habitants.
La vraie question n’est donc pas financière.
Elle est politique. Elle est humaine. Elle est morale.
Nous choisissons chaque jour ce que nous décidons de protéger. En ouvrant Le Parisien ce 15 août, je n’ai vu que des catastrophes : des guerres, des femmes privées de liberté, des incendies, des adolescents prisonniers des réseaux sociaux.
Alors je me suis demandé combien de ces drames auraient pu être évités si nous avions consacré autant d’énergie à construire qu’à nous préparer à détruire. J’ose croire que les responsables politiques, les décideurs économiques, les grandes fortunes, ne sont pas condamnés à ne penser qu’à leurs intérêts.
J’ose croire qu’ils peuvent encore décider qu’un enfant vaut davantage qu’un calcul comptable, qu’une salle remplie de musique est plus forte qu’un discours, qu’un orchestre est un investissement infiniment plus rentable que la réparation des blessures que notre inaction laisse grandir.
Les enfants ne seront enfants qu’une seule fois.
Chaque année perdue est une année que personne ne leur rendra.
Nous savons quoi faire.
Nous attendons simplement que ceux qui en ont le pouvoir décident enfin d’agir.
JeanClaude Decalonne, Président fondateur de TUTTI Passeurs d'Arts Les enfants ne seront enfants qu’une seule fois. Aidons-les aujourd’hui






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