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Comment les arts peuvent-ils enrayer la chute du niveau scolaire ?

il y a 23 heures
4 min de lecture

Les résultats de l’enquête PISA 2025, publiés le 8 septembre 2026, ne constituent pas une alerte de plus. Ils confirment une dégradation profonde et durable du niveau des élèves français.

En dix ans, la France a perdu environ 40 points en mathématiques comme en compréhension de l’écrit — l’équivalent de près de deux années d’apprentissage. Désormais, 36 % des jeunes Français de 15 ans n’atteignent pas le niveau minimal attendu en mathématiques et 33 % en lecture. En mathématiques, seuls 5 % atteignent encore les niveaux les plus élevés. Les résultats français figurent parmi les plus faibles jamais mesurés par PISA dans les trois matières évaluées. ⁠OCDE – Résultats PISA 2025 pour la France

Nous pouvons continuer à commenter les classements, modifier les programmes, ajouter des heures de français et de mathématiques, multiplier les évaluations et demander aux enfants de fournir toujours davantage d’efforts.

Mais une question demeure : comment apprend-on lorsque l’on a perdu le désir d’apprendre ?

La crise n’est pas seulement celle des connaissances

Nos enfants ne sont pas devenus moins intelligents. Leur cerveau n’a pas brusquement perdu ses capacités. Mais leur attention est fragmentée, leur rapport à l’effort s’est fragilisé et beaucoup ne comprennent plus vraiment pourquoi ils viennent à l’école.

Ils passent d’un écran à l’autre, d’une information à la suivante, sans toujours avoir le temps de s’arrêter, de comprendre, de mémoriser. Ils savent faire défiler des images, mais peinent à lire un texte long. Ils reçoivent énormément de stimulations, mais vivent de moins en moins d’expériences qui exigent de la patience, de la concentration et de la persévérance.

PISA relève aussi un affaiblissement préoccupant de l’accompagnement familial. En France, seuls 34 % des élèves disent parler chaque semaine avec leurs parents des problèmes qu’ils peuvent rencontrer à l’école, contre 48 % trois ans auparavant. ⁠OCDE

Nous ne sommes donc pas seulement confrontés à une baisse des résultats scolaires. Nous assistons à un éloignement progressif des enfants de tout ce qui rend l’apprentissage vivant : l’attention, la curiosité, la confiance, le plaisir de progresser et la présence des autres.

C’est précisément là que les arts peuvent intervenir.

Quand les arts réveillent le désir d’apprendre

Lorsqu’un enfant apprend à jouer d’un instrument, il doit écouter, regarder, lire, mémoriser, compter, coordonner ses gestes et recommencer. Il découvre qu’une erreur n’est pas une condamnation, mais une étape. Il comprend que l’on ne réussit pas immédiatement, mais que l’on peut réussir demain ce qui paraissait impossible hier.

Dans un orchestre, il doit également tenir compte des autres. Il apprend à attendre, à respirer ensemble, à respecter une consigne et à assumer sa responsabilité dans une œuvre commune.

Tout ce que l’école peine aujourd’hui à faire vivre se trouve réuni dans la pratique artistique :

  • l’attention prolongée ;

  • la maîtrise du geste et du temps ;

  • la répétition sans humiliation ;

  • le plaisir de l’effort ;

  • l’écoute des autres ;

  • la confiance retrouvée ;

  • la joie d’une réussite collective.

Les travaux rassemblés par l’Education Endowment Foundation concluent que la participation artistique produit en moyenne un effet positif, quoique modéré, sur les apprentissages scolaires — de l’ordre de trois mois de progression supplémentaire. Ils signalent également des effets réguliers sur l’attitude face aux apprentissages et sur le bien-être. ⁠Education Endowment Foundation

Il serait toutefois réducteur de ne défendre les arts que parce qu’ils pourraient améliorer les résultats en français ou en mathématiques. Les arts ne sont pas des médicaments que l’on administrerait à une école malade. Ils constituent une manière d’apprendre, de grandir et de se construire.


L’orchestre permet à l’enfant de redevenir capable

Un enfant en difficulté scolaire finit souvent par se persuader qu’il n’est pas fait pour apprendre. Les mauvaises notes s’accumulent, les comparaisons l’enferment et le découragement devient une identité.

Puis cet enfant reçoit un instrument.

Au début, il ne sait pas en tirer une note. Quelques semaines plus tard, il joue avec d’autres. Quelques mois plus tard, il monte sur une scène. Sa famille l’applaudit. Son professeur le félicite. Il découvre alors quelque chose de considérable : il est capable.

Cette victoire ne reste pas enfermée dans la salle de répétition. Elle transforme le regard qu’il porte sur lui-même et, peu à peu, sa manière d’entrer dans les autres apprentissages.

L’orchestre ne remplace ni le professeur, ni la lecture, ni les mathématiques. Il recrée les conditions humaines qui permettent de les apprendre.

Mais quelques minutes par semaine ne suffiront pas

Nous avons trop souvent réduit l’éducation artistique à une initiation occasionnelle, à un concert regardé de loin ou à un projet sympathique organisé une fois dans l’année.

Ce n’est pas ainsi que les arts transforment une enfance.

Pour produire leurs effets, ils doivent être pratiqués régulièrement, intensément et collectivement. Chaque enfant devrait pouvoir chanter, jouer, danser, peindre ou faire du théâtre plusieurs heures par semaine, au contact d’artistes et d’enseignants exigeants et bienveillants.


Il faut notamment créer des orchestres et des chœurs dans les écoles, les collèges et les quartiers où les enfants disposent du moins de possibilités. Car PISA confirme aussi l’une des faiblesses les plus anciennes et les plus cruelles de notre pays : l’origine sociale continue d’y déterminer très fortement la réussite scolaire. En sciences, l’écart atteint 100 points entre les élèves français les plus favorisés et les plus défavorisés, contre 85 points en moyenne dans l’OCDE.

Offrir les arts seulement à ceux dont les familles peuvent les financer reviendrait à renforcer encore cette injustice.

Réparer l’École en révélant les enfants

Nous avons cherché pendant des années comment faire entrer davantage de connaissances dans la tête des élèves. Nous devrions peut-être commencer par leur redonner l’envie, la confiance et la capacité de les recevoir.

Les arts ne sauveront pas seuls l’École française. Mais aucune réforme ne la sauvera durablement si elle ignore ce qu’ils peuvent rendre aux enfants : une attention, une discipline intérieure, un imaginaire, un sentiment d’appartenance et la conviction qu’ils ont quelque chose à apporter au monde.

Face à la descente vertigineuse révélée par PISA, il est temps de cesser de considérer l’éducation artistique comme un supplément que l’on maintient lorsque les budgets le permettent.

Elle pourrait devenir l’un des piliers de la reconstruction.

Car avant de relever le niveau des élèves, il faut parfois commencer par relever les enfants.

JeanClaude, souhaitez-vous que je rende ce texte encore plus offensif et politique, avec une conclusion appelant explicitement à créer un orchestre ou un chœur dans chaque école et chaque collège ? JeanClaude Decalonne

 
 
 

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