Et si le racisme prospérait là où nous ne construisons rien ?
- JeanClaude Decalonne

- il y a 6 jours
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 5 jours
Partout, on évoque la montée des incivilités. Partout, on constate la progression d’actes racistes, antisémites. Comme si tout cela nous échappait.
Alors qu’au fond, nous avons simplement oublié une chose essentielle : une société en paix, où les individus s’acceptent, ça se cultive.
Le racisme est inacceptable. Tous le disent. Tous le condamnent. Tous s’en inquiètent. Les prises de parole, les rassemblements se multiplient. Pourtant… le mal progresse. Alors il faut peut-être avoir le courage de poser une autre question :
Et si nous regardions là où nous n’agissons pas ?

Car pendant que nous dénonçons, nous laissons s’installer, partout, une autre forme de séparation. Plus discrète. Plus insidieuse. Une ségrégation culturelle qui prive des milliers d’enfants et de jeunes de ce qui pourrait profondément transformer leur rapport aux autres.
Qui entend celles et ceux qui disent qu’il faut arrêter de détruire, ou de négliger, tout ce qui permet de vivre ensemble avec intensité ? Un orchestre, un chœur, un atelier de danse, de théâtre, de peinture. Dans ces lieux, il se passe quelque chose d’extraordinaire. Chacun y découvre qu’il est important. Mais surtout, chacun comprend immédiatement que tous les autres le sont aussi.
Dans un orchestre, on ne peut pas exister seul. On écoute. On s’ajuste. On respecte. On construit ensemble. Les différences ne sont plus des obstacles. Elles deviennent des richesses indispensables à l’équilibre du groupe. Voilà, concrètement, ce que signifie vivre ensemble.
Alors oui, continuons à dénoncer le racisme. Mais ayons aussi l’exigence de construire ce qui le rend inutile. Qu’attendent nos élus, nos responsables politiques, pour mettre en place de véritables dispositifs accessibles à tous ? Qu’attendent-ils pour faire de l’art une priorité, non pas comme un supplément, mais comme une nécessité ?
Chaque jour sans ces espaces est un jour perdu. Un jour où l’on laisse s’installer l’incompréhension, la peur, le rejet. Le jour où nous comprendrons que l’autre est une richesse et non une menace, nous aurons fait un pas immense vers le bonheur de vivre ensemble.
Au fond, la question est simple ; si, au lieu d’enchaîner les indignations, les coups de gueule et les manifestations, nous décidions enfin de faire ? Faire vraiment. Faire concrètement. Faire ensemble.
Nous savons comment créer des lieux où l’on apprend à s’écouter, à se respecter, à se construire les uns avec les autres. Alors faisons-le. Faisons des orchestres.
Parce qu’un orchestre n’est jamais seulement un orchestre. C’est une société qui apprend à s’aimer. N'est-ce pas de cela dont nous avons le plus besoin ?
JeanClaude Decalonne

TUTTI Passeurs d’Arts construit des orchestres dans les secteurs les plus fragiles. Ce sont des lieux d’apaisement, des espaces où l’on grandit, où l’on apprend à vivre ensemble.





Commentaires