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  • Photo du rédacteurJeanClaude Decalonne

Les émotions inoubliables...

Il m'arrive d'avoir une pensée pour ces moments forts, ceux qui font oublier les difficultés, les coups reçus, les nuits blanches et quelquefois les larmes. En ne cessant d'affirmer que l'orchestre est le plus bel outil social de la terre, il m'est arrivé de me trouver face à d'irréductibles briseurs de rêves me rétorquant que "Non, la musique ne pouvait pas être un combat, qu'elle était un simple divertissement, certes utile à la communication entre les neurones, mais rien de plus..." Ces affirmations m'attristent autant qu'elles m'exaspèrent car il est facile de trouver quelques dizaines, peut être centaines d'exemples de ces luttes perpétuelles, menées contre l'impossible accès aux pratiques artistiques des enfants et des jeunes des quartiers défavorisés.

Chaque année s'organise un rassemblement, le SEYO (Sistema Europe Youth Orchestra) dans un pays d'Europe, qui réunit environ deux cents enfants et jeunes de tout le continent et qui se revendiquent de l'esprit d'éducation par l'orchestre du Maestro José-Antonio Abreu au Venezuela. En 2017, ce rassemblement avait lieu dans le magnifique Théâtre antique d'Athènes, en Grèce.


Au programme, entre autres, l'Ode à la Joie (Hymne européen) de Beethoven. Un chœur d'une centaine d'enfants et de jeunes issus des camps de réfugiés grecs était venu s'ajouter aux 200 musiciens de l'orchestre géant.

Parmi tous ceux qui étaient présents ce jour là, personne n'a pu oublier ce moment intemporel, quand les voix de ces choristes qui venaient de partout se sont ajoutées aux instruments de l'orchestre... Vous savez, quand les poils se dressent !... Non, personne ne peut oublier !


De France, les quatre collégiens qui représentaient TUTTI Passeurs d'Arts n'avaient jamais pris l'avion ; ils étaient issus d'un milieu modeste et ils ont vécu ce jour là la plus incroyable sensation de plénitude de leur vie. Image : le chef d'orchestre Yefren Carrero et les jeunes de l'orchestre TUTTI GARGES, en préparation pour Athènes>>

Quand j'entends un reporter sportif, après n'importe quel match affirmer "il n'y a QUE dans le sport que l'on peut vire de telles émotions", j'ai envie de lui dire "mon pauvre garçon, tu n'as rien vécu !" Ce que nous avons ressenti au théâtre antique d'Athènes ce jour là fut véritablement inoubliable. Nous avons été, ensemble, Tutti, viscéralement pénétrés par un sentiment profond d'unité collective.

C'est depuis ce temps que nous avons pensé qu'il fallait ajouter le chœur à l'orchestre, pour ressentir à nouveau cette émotion, simplement parce que les voix ont tant à dire et à exprimer. Il n'y a pas de camps de réfugiés en France, mais des hôtels sociaux où sont hébergées ces familles dont les équipes du Samu Social font tout ce qu'elles peuvent pour les aider à trouver une dignité. Ils et elles sont là, des dizaines de milliers à vivre dans une grande précarité, le plus souvent à l'écart du reste de la société.

C'est là (d'abord) que nous voulons installer ces chœurs Tutti, intenses comme nos orchestres, pour faire comprendre au monde que chaque enfant est extraordinaire.

JeanClaude Decalonne, Président de TUTTI Passeurs d'Arts


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1 comentário


Francis Behr
Francis Behr
17 de ago. de 2023

Bravo, Jean-Claude , de célébrer la musique comme ferment de civilisation et d'amitié !

Francis

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