top of page
Rechercher

Et si tout commençait par un maire qui dit : “Je veux ça chez moi” ?

Dernière mise à jour : 30 mars


J’ai vu, dans un village de moins de deux mille habitants, éloigné de tout, ce que beaucoup pensent impossible. Ils étaient plus de cent artistes sur scène, musiciens et choristes réunis sous la direction d’un chef charismatique.

Un public nombreux, enthousiaste, porté par une même émotion.


Il existe, sur nos territoires, des lieux où la musique n’est pas un luxe. Des lieux où elle rassemble, où elle élève, où elle transforme.


Là, des enfants apprennent un instrument comme on apprend à vivre ensemble. Des adolescents trouvent leur place. Des adultes s’engagent.

Et des centaines de personnes se réunissent, simplement, pour écouter… et ressentir.


Plus de cent musiciens et choristes sur une scène. Des générations mêlées.

Une salle pleine. Vibrante. Heureuse. Cela existe encore. Alors une question s’impose. Pourquoi cela existe-t-il ici… et si peu ailleurs ?


Ce qui manque n’est ni le talent, ni les enfants, ni même les moyens. Ce qui manque est beaucoup plus simple… et beaucoup plus grave. Ce sont les décisions. Ce sont les croyances. C’est le courage politique.


Nous manquons d’élus qui disent : “Je veux que les enfants de mon territoire vivent cela.”


Un orchestre ne naît pas d’un budget, il naît de la volonté d’une personne qui décide que cela doit exister. Qui le porte. Qui y croit. Qui entraîne les autres.


Quand un élu décide qu’aucun enfant ne doit passer à côté de l’art, alors tout devient possible.

Un village, une ville devient un lieu de culture. Des enfants deviennent musiciens. Des habitants deviennent un public.


Quand les élus décident qu'aucun enfant ne doit passer à côté de l'art et de la culture.
Quand les élus décident qu'aucun enfant ne doit passer à côté de l'art et de la culture.

Faire découvrir à un enfant la puissance du collectif, l’exigence du travail partagé, la beauté d’un son qui naît de l’écoute des autres… c’est lui offrir bien plus qu’un apprentissage. C’est lui donner une place. Une dignité. Une direction.


Un orchestre n’est pas une activité. C’est un outil social d’une puissance exceptionnelle. Peut-être le plus puissant que nous ayons à notre disposition. Ce que certains appellent encore “politique culturelle” n’est pas un supplément ni une variable d’ajustement. C’est un choix de société.


Et quand cela n’existe pas, ce n’est pas faute de moyens. C’est qu’on ne l’a pas voulu. Alors cessons de parler de contraintes, de budgets ou de priorités. La vérité est simple Elle est brutale. Là où il n’y a pas d’orchestre, il y a un renoncement. Un renoncement politique. Un renoncement à ce que pourraient devenir nos enfants… tout est là. Il suffit de décider.


JeanClaude Decalonne


Ce manifeste n’est pas inspiré d’une fiction.

À Bû, en Eure-et-Loir, Alexandre Carlin dirige depuis 30 ans une harmonie municipale qui réunit aujourd’hui plus de 100 musiciens et choristes, enfants, adolescents et adultes.

Dans un village de moins de 2000 habitants, avec des moyens modestes, cette réalité existe.

Elle prouve que ce que beaucoup pensent impossible ne l’est pas.




 
 
 

Commentaires


bottom of page